clart��s du jour commen?ait �� filtrer au travers du brouillard.
Sir John Waterley ��tait cependant d��j�� lev�� et assis au chevet du lit de sa femme.
Tous deux causaient.
--Oh! mon enfant, mon cher enfant! disait madame Waterley; vous ��tes bien s?r, John, que nous allons le retrouver?
--Oui, mon amie, r��pondit le major avec ��motion.
--Vous ne vous figurez pas, mon cher tr��sor, reprenait la jeune femme, quels funestes pressentiments m'assaillent nuit et jour.
--Pourquoi ces pressentiments, mon amie?
--Il y a onze ans que nous n'avons eu des nouvelles de notre enfant.
--Je vous assure qu'il est vivant.
--Et moi, dit miss Emily, qui cacha sa t��te dans ses mains, je n'ose croire �� vos paroles.
--Vous ��tes folle, ma ch��re. Je vous jure que nous le trouverons grand et robuste.
--Avez-vous donc si grande confiance en cette femme qui s'en est charg��e?
Sir John tressaillit.
--Mais... sans doute... dit-il.
--Pauvre enfant, dit miss Emily, quel sera son avenir?
Il ne sera pas riche...
--Il sera soldat comme moi, dit le major.
--Ah! dit encore la jeune femme, pourquoi ne sommes-nous pas soumis �� des lois plus justes? Mon p��re avait des millions, et mon fils sera pauvre...
Sir John baissa la t��te et une larme silencieuse brilla dans ses yeux.
--Mon ange aim��, dit-il �� sa jeune femme, j'ai fait demander un cab, et je vais courir �� Dudley-street. C'est l�� que demeurait cette femme quand je suis parti, c'est l��, je suis s?r, que je retrouverai notre fils.
--Mais, mon ami, dit miss Emily, pourquoi ne voulez-vous point que je vous accompagne? pourquoi voulez-vous retarder ma joie, si toutefois c'est une joie qui nous attend?
Et madame Waterley soupira et leva les yeux au ciel.
--Mon amie, r��pondit le major, je ne veux pas que vous m'accompagniez d'abord, parce que le voyage vous a bris��e.
--Oh je suis forte!
--Ensuite, parce que la joie fait mal aussi bien que la douleur, et que je redoute pour vous les grandes ��motions.
Restez, je vous en prie, je serai de retour avant une heure.
Et le major ��tait sorti sur ces mots, s'��tait jet�� dans un cab et avait dit au cocher de le conduire �� Dudley-street.
La distance de Piccadilly au quartier irlandais est courte, et le major l'e?t franchie en quelques minutes.
Le coeur lui battait quand sa main se posa sur le bouton de la porte.
Pourtant le major ��tait un homme ��nergique; il avait fait dix campagnes dans l'Inde comme l'attestait son visage bronz��, et il avait assist�� �� de rudes batailles.
Mais, en ce moment, une ��motion si violente l'agitait qu'il h��sita �� entrer.
Comme si quelqu'un, �� l'int��rieur de la maison, e?t devin�� son angoisse, la porte s'ouvrit avant que la sonnette e?t tint��.
En m��me temps une femme parut sur le seuil et regarda curieusement le major.
Ce n'��tait pas la vieille dame aux b��sicles; c'��tait Mary l'��cossaise, que mistress Fanoche avait envoy��e �� Londres, �� l'issue de son entrevue avec le myst��rieux personnage de la maison voisine.
Mary regarda donc le major et lui dit:
--Que demande Votre Honneur?
--Mistress Fanoche, dit-il.
--C'est ici, et vous ��tes sans doute le major Waterley?
--Oui.
--Madame est �� son cottage d'Hampsteadt, et elle m'a envoy��e ici pour attendre Votre Honneur.
Sir John tremblait.
--Elle est �� Hampstead avec le fils de Votre Honneur, ajouta Mary.
Le major jeta un cri et s'appuya au mur du vestibule, tant son ��motion fut forte.
--Le fils de Votre honneur est un grand et bel enfant, dit encore Mary.
Le major n'en entendit pas davantage: il poussa la servante dans le cab, s'assit �� c?t�� d'elle et cria au cocher:
--A Hampsteadt!
--Heath mount, ajouta Mary l'��cossaise.
Le cocher avait un bon cheval dont le major acc��l��ra encore la rapidit�� en promettant au cocher un bon pourboire, et en moins de trois quarts d'heure, le major arrivait au cottage.
Mistress Fanoche l'attendait dans son parloir.
Elle avait fait une toilette minutieuse, mis toutes ses bagues et tous ses bracelets.
--Mon fils! o�� est mon fils? dit le major en entrant.
Mistress Fanoche ��tait souriante.
--Je comprends l'impatience de Votre Honneur, dit-elle. N��anmoins, je le supplie de m'��couter un moment. Le fils de Votre Honneur est bien portant, il est �� deux pas d'ici, et je conduirai Votre Honneur dans cinq minutes, aussit?t que je lui aurai dit...
Le major s'assit et ma?trisa son impatience.
Mistress Fanoche reprit:
--J'ai fait ��lever l'enfant en Irlande par une robuste paysanne qu'il appelle sa m��re.
Quand j'ai re?u la premi��re lettre de Votre Honneur, je me suis empress��e de les faire revenir tous deux.
--Mais pourquoi ne sont-ils pas ici? demanda le major.
--Que Votre Honneur daigne se mettre �� la fen��tre.
--Bien, apr��s?
--Voyez-vous le mur du jardin?
--Oui.
--Derri��re, il y a l'habitation d'un vieux lord Irlandais, fabuleusement riche et qui a pris votre enfant en amiti��.
--Ah! fit le major.
--Lord Vilmot n'a ni enfants, ni parents, et il voudrait adopter votre fils.
Le major tressaillit.
--Je tenais �� vous dire cela, fit mistress Fanoche, afin que vous ne fussiez point trop ��tonn��. Maintenant, si Votre Honneur veut me suivre...
--Vous allez me montrer

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