dont le poison?--Dahlia, lys, tulipe et renoncule--?Noyant mes sens, mon ame et ma raison,?M��le, dans une immense pamoison,?Le Souvenir avec le Cr��puscule.
III
PROMENADE SENTIMENTALE
Le couchant, dardait ses rayons supr��mes?Et le vent ber?ait les n��nuphars bl��mes;?Les grands n��nuphars entre les roseaux,?Tristement luisaient sur les calmes eaux.?Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie?Au long de l'��tang, parmi la saulaie?O�� la brume vague ��voquait un grand?Fant?me laiteux se d��sesp��rant?Et pleurant avec la voix des sarcelles?Qui se rappelaient en battant des ailes?Parmi la saulaie o�� j'errais tout seul?Promenant ma plaie; et l'��pais linceul?Des t��n��bres vint noyer les supr��mes?Rayons du couchant dans ses ondes bl��mes?Et des n��nuphars, parmi les roseaux,?Des grands n��nuphars sur les calmes eaux.
IV
NUIT DU WALPURGIS CLASSIQUE
C'est plut?t le sabbat du second Faust que l'autre.?Un rhythmique sabbat, rhythmique, extr��mement?Rhythmique.--Imaginez un jardin de Len?tre,
Correct, ridicule et charmant.
Des ronds-points; au milieu, des jets d'eau; des all��es?Toutes droites; sylvains de marbre; dieux marins?De bronze; ?�� et l��, des V��nus ��tal��es;
Des quinconces, des boulingrins;
Des chataigniers; des plants de fleurs formant la dune;?Ici, des rosiers nains qu'un go?t docte effila;?Plus loin, des ifs taill��s en triangles. La lune
D'un soir d'��t�� sur tout cela.
Minuit sonne, et r��veille au fond du parc aulique?Un air m��lancolique, un sourd, lent et doux air?De chasse: tel, doux, lent, sourd et m��lancolique,
L'air de chasse de Tannhauser.
Des chants voil��s de cors lointains o�� la tendresse?Des sens ��treint l'effroi de l'ame en des accords?Harmonieusement dissonnants dans l'ivresse;
Et voici qu'�� l'appel des cors
S'entrelacent soudain des formes toutes blanches,?Diaphanes, et que le clair de lune fait?Opalines parmi l'ombre verte des branches,
--Un Watteau r��v�� par Raffet!--
S'entrelacent parmi l'ombre verte des arbres?D'un geste alangui, plein d'un d��sespoir profond;?Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres
Tr��s lentement dansent en rond.
--Ces spectres agit��s, sont-ce donc la pens��e?Du po��te ivre, ou son regret, ou son remords,?Ces spectres agit��s en tourbe cadenc��e,
Ou bien tout simplement des morts?
Sont-ce donc ton remords, ? r��vasseur qu'invite?L'horreur, ou ton regret, ou ta pens��e,--hein?--tous?Ces spectres qu'un vertige irr��sistible agite,
Ou bien des morts qui seraient fous?--
N'importe! ils vont toujours, les f��briles fant?mes,?Menant leur ronde vaste et morne et tressautant?Comme dans un rayon de soleil des atomes,
Et s'��vaporent �� l'instant
Humide et bl��me o�� l'aube ��teint l'un apr��s l'autre?Les cors, en sorte qu'il ne reste absolument?Plus rien--absolument--qu'un jardin de Len?tre,
Correct, ridicule et charmant.
V
CHANSON D'AUTOMNE
Les sanglots longs?Des violons
De l'automne?Blessent mon coeur?D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant?Et bl��me, quand
Sonne l'heure,?Je me souviens?Des jours anciens
Et je pleure;
Et je m'en vais?Au vent mauvais
Qui m'emporte?De?��, del��,?Pareil �� la
Feuille morte.
VI
L'HEURE DU BERGER
La lune est rouge au brumeux horizon;?Dans un brouillard qui danse, la prairie?S'endort fumeuse, et la grenouille crie?Par les joncs verts o�� circule un frisson;
Les fleurs des eaux referment leurs corolles,?Des peupliers profilent aux lointains,?Droits et serr��s, leurs spectres incertains;?Vers les buissons errent les lucioles;
Les chats-huants s'��veillent, et sans bruit?Rament l'air noir avec leurs ailes lourdes,?Et le z��nith s'emplit de lueurs sourdes.?Blanche, V��nus ��merge, et c'est la Nuit.
VII
LE ROSSIGNOL
Comme un vol criard d'oiseaux en ��moi,?Tous mes souvenirs s'abattent sur moi,?S'abattent parmi le feuillage jaune?De mon coeur mirant son tronc pli�� d'aune?Au tain violet de l'eau des Regrets,?Qui m��lancoliquement coule aupr��s,?S'abattent, et puis la rumeur mauvaise?Qu'une brise moite en montant apaise,?S'��teint par degr��s dans l'arbre, si bien?Qu'au bout d'un instant on n'entend plus rien,?Plus rien que la voix c��l��brant l'Absente,?Plus rien que la voix,--? si languissante!--?De l'oiseau qui fut mon Premier Amour,?Et qui chante encor comme au premier jour;?Et, dans la splendeur triste d'une lune?Se levant blafarde et solennelle, une?Nuit m��lancolique et lourde d'��t��,?Pleine de silence et d'obscurit��,?Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure?L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure.
CAPRICES
A Henry Winter.
I
FEMME ET CHATTE?Elle jouait avec sa chatte;?Et c'��tait merveille de voir?La main blanche et la blanche patte?S'��battre dans l'ombre du soir.
Elle cachait--la sc��l��rate!--?Sous ces mitaines de fil noir?Ses meurtriers ongles d'agate,?Coupants et clairs comme un rasoir.
L'autre aussi faisait la sucr��e?Et rentrait sa griffe ac��r��e,?Mais le diable n'y perdait rien...
Et dans le boudoir o��, sonore,?Tintait son rire a��rien,?Brillaient quatre points de phosphore.
II
J��SUITISME
Le chagrin qui me tue est ironique, et joint?Le sarcasme au supplice, et ne torture point?Franchement, mais picote avec un faux sourire?Et transforme en spectacle amusant mon martyre,?Et sur la bi��re o�� g?t mon R��ve mi-pourri,?Beugle un De profundis_ sur l'air du _Traderi.?C'est un Tartufe qui, tout en mettant des roses?Pompons sur les autels des Madones moroses,?Tout en faisant chanter �� des enfants de choeurs?Ces cantiques d'eau ti��de o�� se baigne le coeur,?Tout en ami donnant ces guimpes amoureuses?Qui serpentent au coeur sacr�� des Bienheureuses,?Tout en disant �� voix basse son chapelet,?Tout en passant la main sur son petit collet,?Tout en parlant avec componction de l'ame,?N'en m��dite pas moins ma ruine,--l'infame!
III
LA CHANSON DES ING��NUES
Nous sommes les Ing��nues?Aux bandeaux plats, �� l'oeil bleu,?Qui vivons, presque inconnues,?Dans les romans qu'on lit peu.
Nous allons entrelac��es,?Et le jour n'est pas plus pur?Que le fond de nos pens��es,?Et nos r��ves sont d'azur;
Et nous courons par les pr��s?Et rions et babillons?Des aubes jusqu'aux vespr��es,?Et chassons aux

Continue reading on your phone by scaning this QR Code
Tip: The current page has been bookmarked automatically. If you wish to continue reading later, just open the
Dertz Homepage, and click on the 'continue reading' link at the bottom of the page.