mon ours.
TRISTAPATTE (�� part).
Prenez mon ours... il ne sortira pas de l��.
MAR��COT
Votre ours fera donc le poisson?
LAGINGEOLE
C'est son ��tat; c'est un ours marin.
MAR��COT (stup��fait).
Un ours marin! ah! le pacha en perdra la t��te. Mon ami, notre fortune est faite, la v?tre et la mienne.
LAGINGEOLE (bas �� Tristapatte).
Entends-tu? notre fortune (haut) et dites-moi, seigneur Mar��cot est-il bon homme.
MAR��COT
Il est d'une douceur et d'un laisser-aller qui vous ��tonneront.
COUPLET
AIR:--Chez les belles �� mon d��but.
Il a bon ton, il a bon air; Pourtant, malgr�� sa bonhomie, De son cousin le dey d'Alger Il a quelquefois la manie: Tout �� coup lui prend un acc��s, Pour un rien, il s'emporte, il gronde. Il vous tue... et l'instant d'apr��s C'est le meilleur homme du monde.
LAGINGEOLE
Je connais ?a. C'est la maladie du pays.
MAR��COT
Mais surtout, il n'aime pas �� attendre... ainsi hatez-vous d'amener votre ours. Schahabaham donne aujourd'hui m��me une f��te �� toute sa cour et je dois vous dire que parmi tous les invit��s, il y a un jeune esclave fran?ais que le pacha aime beaucoup; cet esclave n'en est pas un pour lui, puisqu'il veut qu'il porte le costume turc dans toute sa richesse; il ne le sait pas fran?ais; c'est tout une histoire que je vous conterai plus tard. J'ai encore un autre march�� �� vous proposer, mais nous en parlerons dans un autre moment. Le pacha ne peut tarder �� para?tre, hatez-vous donc de quitter ces lieux. (Il sort.)
SC��NE 7me
TRISTAPATTE
Ah ?a! mon ami Lagingeole, dis-moi, si par hasard tu n'as pas perdu la t��te, d'aller promettre au pacha un ours qui joue et qui danse; o�� veux-tu que nous trouvions une b��te comme celle-l��?
LAGINGEOLE
Comment? tu ne devines pas qui est-ce qui est la b��te?
TRISTAPATTE
Ma foi, non.
LAGINGEOLE
Eh bien! mon ami, c'est toi.
TRISTAPATTE
Comment? Je suis la b��te?
LAGINGEOLE
Eh! oui, c'est toi qui es la b��te; car tu ne comprends rien. Ne te rappelles-tu pas que nous avions un ours?
TRISTAPATTE
Oui, mais il est mort, il ne nous en reste plus que la peau.
LAGINGEOLE
Eh bien! je te mets dedans.
TRISTAPATTE
Tu me mets dedans, je comprends bien ?a; voil�� positivement ce que je ne veux pas. Tu n'en fais jamais d'autre.
LAGINGEOLE
Songe donc que tu es justement de sa taille, que tu danses, que tu pinces de la guitare. Que diable! je t'avais en vue; le r?le est destin�� pour toi.
TRISTAPATTE
C'est possible, mais un autre le jouera.
LAGINGEOLE
Songe d'ailleurs...
TRISTAPATTE
Tu as beau dire; je ne serai pas ours; je ne veux pas ��tre ours. Diable! ?a sent trop le baton.
LAGINGEOLE
Pense donc �� notre fortune!
TRISTAPATTE (se fachant).
Je me moque bien de la fortune, moi, je m��prise la fortune, je suis philosophe, et je ne veux pas ��tre ours.
LAGINGEOLE
Eh! mon ami, l'un n'emp��che pas l'autre. (On entend pr��luder sur un instrument.) Silence! on chante.
(Ils ��coutent tous les deux; pendant le couplet de Victor, signes de joie, de surprise de Tristapatte.)
(Victor, en dedans.)
COUPLET
Combien j'ai douce souvenance Du joli lieu de ma naissance, Amis, qu'ils ��taient beaux ces jours De France! O mon pays! sois mes amours Toujours.
TRISTAPATTE (au comble de la joie).
Lagingeole! Mon ami! C'est bien lui! C'est Victor.
LAGINGEOLE
Oui! oui! je reconnais sa vois.
TRISTAPATTE
Son chant m'a tout ��mu!
LAGINGEOLE
Et moi donc? Le coeur me bat.
TRISTAPATTE
Cher Victor! il pense �� moi.
LAGINGEOLE
Oh! oui, il pense �� nous.
TRISTAPATTE
A nous! comme tu voudras, mais je suis son oncle, et toi...
LAGINGEOLE
Et moi ton associ��, ton ami; et je me f��licite qu'il nous soit rendu.
TRISTAPATTE
Pas encore... comment pourrons-nous p��n��trer aupr��s de lui?
LAGINGEOLE (ayant r��fl��chi, frappe sur l'��paule de de Tristapatte qui lui tourne le dos).
Ah! mon ami!
TRISTAPATTE (fait un saut de frayeur et jette un cri).
Ah! qu'est-ce que c'est donc?
LAGINGEOLE
Un id��e sublime, admirable!
TRISTAPATTE (se remettant).
Cet ��tre-l�� me fait des peurs �� mourir. Eh bien! quelle id��e?
LAGINGEOLE
Mets-toi en ours.
TRISTAPATTE
Encore? Tu vas recommencer la sc��ne?
LAGINGEOLE
C'est le seul moyen de te rapprocher de ton neveu sans danger, et de t'en faire reconna?tre.
TRISTAPATTE
Comment! tu veux qu'il me reconnaisse quand je serai en ours?
LAGINGEOLE
Sois donc tranquille; je me charge de causer avec lui et de le pr��venir en particulier.
TRISTAPATTE
Tu lui diras donc: il y a quelque chose l��-dessous?
LAGINGEOLE
Sans doute. Tu ne peux pas tout faire; je suis trop juste pour l'exiger. (On entend une brillante musique dans le lointain.) Mais j'entends le bruit des fanfares; partons et revenons au plus vite.
(Il sortent par la gauche.)
SC��NE 8me
SCHAHABAHAM, MAR��COT, VICTOR, AUGUSTE (en grand costume arabe, suite d'esclaves, Arabes, etc., etc. Schahabaham va s'asseoir sur son tr?ne; Mar��cot, Victor, Auguste, se tiennent debout �� ses c?t��s; la troupe forme un demi-cercle au milieu du th��atre.)
CHOEUR
AIR: Carabosse (de Riquet �� la houppe).
Quelle f��te Qui s'appr��te. Amis, crions: Allah! Chantons, chantons, crions: Allah! Gloire! honneur �� notre pacha, A ce pacha si grand, si bon! Il vient ici, amis, chantons: Quelle f��te Qui s'appr��te. Amis, crions: Allah! Chantons, chantons, crions: Allah!
SCHAHABAHAM
C'est bon (six fois).
(Victor lui pr��sente une longue pipe et Auguste du feu.)
SCHAHABAHAM
Ainsi donc il est cens�� que nous sommes ici pour nous amuser;

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