Thérèse Raquin

Emile Zola
Thérèse Raquin

The Project Gutenberg EBook of Therese Raquin, by Emile Zola
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Title: Therese Raquin
Author: Emile Zola
Release Date: February, 2005 [EBook #7461] [This file was first
posted on May 4, 2003]
Edition: 10
Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1
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RAQUIN ***

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ÉMILE ZOLA
THÉRÈSE RAQUIN

I
Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le
passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de
la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et
deux de large, au plus; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées,
suant toujours une humidité acre; le vitrage qui le couvre, coupé à angle
droit, est noir de crasse.
Par les beaux jours d'été, quand un lourd soleil brûle les rues, une clarté
blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans le
passage. Par les vilains jours d'hiver, par les matinées de brouillard, les
vitres ne jettent que de la nuit sur les dailes gluantes, de la nuit salie et
ignoble.
A gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant
échapper des souffles froids de caveau. Il y a là des bouquinistes, des
marchands de jouets d'enfants, des cartonniers, dont les étalages gris de
poussière dorment vaguement dans l'ombre; les vitrines, faites de petits
carreaux, moirent étrangement les marchandises de reflets verdâtres; au
delà, derrière les étalages, les boutiques pleines de ténèbres sont autant
de trous lugubres dans lesquels s'agitent des formes bizarres.
A droite, sur toute la longueur du passage, s'étend une muraille contre
laquelle les boutiquiers d'en face ont plaqué d'étroites armoires; des
objets sans nom, des marchandises oubliées là depuis vingt ans s'y

étalent le long de minces planches peintes d'une horrible couleur brune.
Une marchande de bijoux faux s'est établie dans l'une des armoires; elle
y vend des bagues de quinze sous, délicatement posées sur un lit de
velours bleu, au fond d'une boîte en acajou.
Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie,
comme couverte d'une lèpre et toute couturée de cicatrices.
Le passage du Pont-Neuf n'est pas un lieu de promenade. On le prend
pour éviter un détour, pour gagner quelques minutes. Il est traversé par
un public de gens affairés dont l'unique souci est d'aller vite et droit
devant eux. On y voit des apprentis en tablier de travail, des ouvrières
reportant leur ouvrage, des hommes et des femmes tenant des paquets
sous leur bras; on y voit encore des vieillards se traînant dans le
crépuscule morne qui tombe des vitres, et des bandes de petits enfants
qui viennent là au sortir de l'école, pour faire du tapage en courant, en
tapant à coups de sabots sur les dalles. Toute la journée, c'est un bruit
sec et pressé de pas sonnant sur la pierre avec une irrégularité irritante;
personne ne parle, personne ne stationne; chacun court à ses
occupations, la tête basse, marchant rapidement, sans donner aux
boutiques un seul coup d'oeil. Les boutiquiers regardent d'un air inquiet
les passants qui, par miracle, s'arrêtent devant leurs étalages.
Le soir, trois becs de gaz, enfermés dans des lanternes lourdes et
carrées, éclairent le passage. Ces becs de gaz, pendus aux vitrages sur
lesquels ils jettent des taches de clarté fauve, laissent tomber autour
d'eux des ronds d'une lueur pâle qui vacillent et semblent disparaître
par instants. Le passage prend l'aspect sinistre d'un véritable
coupe-gorge; de grandes ombres s'allongent sur les dalles, des souffles
humides viennent de la rue; on dirait une galerie souterraine vaguement
éclairée par trois lampes funéraires. Les marchands se contentent, pour
tout éclairage, des maigres rayons que les becs de gaz envoient à leurs
vitrines; ils allument seulement, dans leur boutique, une lampe munie
d'un
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