Plus fort que la haine

Léon de Tinseau

Plus fort que la haine

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Title: Plus fort que la haine
Author: L��on de Tinseau
Release Date: February 3, 2006 [EBook #17668]
Language: French
Character set encoding: ISO-8859-1
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L��ON DE TINSEAU
PLUS FORT QUE LA HAINE
PARIS
CALMANN L��VY, ��DITEUR
RUE AUBER, 3, ET BOULEVARD DES ITALIENS, 15
A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
1891
* * * * *
DU M��ME AUTEUR.
Format grand in-18
ALAIN DE KERISEL 1 vol.
L'ATTELAGE DE LA MARQUISE 1--
BOUCHE CLOSE 1--
CHARME ROMPU 1--
MA COUSINE POT-AU-FEU 1--
DERNI��RE CAMPAGNE 1--
DU HAVRE A MARSEILLE 1--
MADAME VILLEF��RON JEUNE 1--
LA MEILLEURE PART (_Ouvrage couronn�� par l'Acad��mie fran?aise_) 1--
MONTESCOURT 1--
ROBERT D'��PIRIEU 1--
STRASS ET DIAMANTS 1--
SUR LE SEUIL 1--

I
Le monde, sous des airs indign��s, cache d'amusants pardons pour l'audace qui brave ses lois et pour l'intrigue plus ou moins adroite qui crochette ses portes. M��me, il est ais�� de voir qu'il ne d��teste ni les sarcasmes de la philosophie, ni les foudres de la religion, car, en combattant sa tyrannie ou sa perversit��, on affirme encore sa puissance. Voil�� pourquoi, de tout temps, le monde s'est port�� en foule aux com��dies qui ��talent ses ridicules; pourquoi, de nos jours, il s'arrache les oeuvres des romanciers qui prom��nent sur ses laideurs le verre grossissant de l'analyse. Voil�� pourquoi, depuis qu'il y a des chaires dans les temples et des pr��dicateurs dans les chaires, une ��lite mondaine, feignant l'humilit��, s'assied aux premiers rangs des fid��les pour savourer fi��rement l'anath��me sacr��: Vanitas vanitatum, et omnia vanitas! De l'anath��me il a fait une devise qui prouve sa vieille noblesse. Telle une famille qui pourrait ��tablir qu'une de ses grand'm��res avait d��j�� mal tourn�� du temps de Salomon.
Tout au contraire, �� ceux qui veulent planer au-dessus de lui, qui n��gligent insolemment de le prendre pour t��moin de leurs luttes, de leurs fautes, de leurs chagrins ou de leurs joies, le monde garde un ��ternel ressentiment. T?t ou tard il leur r��serve une vengeance, m��me quand il est contraint de sourire �� leur succ��s ou �� leur fortune. Ainsi que M��phistoph��l��s bafou�� par l'odieux pouvoir du sublime et du mystique, il s'��loigne pour un temps, grommelant dans sa rage momentan��ment d��sarm��e:
Nous nous retrouverons, mes amis; serviteur!
et, l'occasion venue, sans piti�� il enfonce le trait.
Il y a quelques ann��es, ces r��flexions durent frapper les observateurs capables de penser et de pr��voir, �� la vue du malaise ind��finissable qui se d��clara sourdement dans les sph��res les plus ��lev��es de la meilleure soci��t��, lorsque ce double billet de part fut r��pandu--sans profusion--dans le faubourg Saint-Germain et ses annexes:
_Le comte de S��nac a l'honneur de vous faire part de son mariage avec mademoiselle de Quilliane._
Chateau de S��nac (Ard��che), le...
_Madame de Chavornay, religieuse hospitali��re de Saint-Bernard de Menthon, a l'honneur de vous faire part du mariage de mademoiselle de Quilliane, sa ni��ce, avec M. le comte de S��nac._
Couvent des Bernardines, avenue Kl��ber, le...
Certes, l'union ��tait assortie comme nom et comme fortune. Les Quilliane et les S��nac repr��sentent la meilleure noblesse de la Provence et du Languedoc; les jeunes ��poux, d'apr��s les calculs les plus mod��r��s, entraient en m��nage avec cent vingt mille livres de rente. Quant �� leurs personnes, peu de gens pouvaient en parler; encore fallait-il, pour cela, remonter �� plusieurs ann��es.
Albert de S��nac avait disparu du monde, un beau jour, sans crier gare, pour aller voyager aux antipodes. A vrai dire, avant cette fugue, le monde n'avait trouv�� dans le jeune d��serteur qu'un courtisan peu remarquable par son assiduit�� et visiblement sceptique. Depuis son retour, c'��tait pis encore. Albert ne s'��tait montr�� presque nulle part et, d'apr��s le genre de vie qu'on lui connaissait, il ��tait permis de le croire moins occup�� de chercher une femme que d'asseoir sa candidature �� l'Acad��mie des inscriptions. Aussi la nouvelle inattendue de son mariage faisait froncer les sourcils �� plus d'une douairi��re, au souvenir des hypocrites d��clarations en faveur du c��libat par lesquelles ce sournois avait repouss�� leurs tentatives.
Quant �� la nouvelle madame de S��nac, c'��tait bien autre chose. Le moins qu'on pouvait en dire ��tait de l'appeler ?d��froqu��e?, et c'est �� quoi l'on n'eut garde de manquer, surtout les m��res qui avaient ?soign��? S��nac pendant un hiver ou deux, et qui avaient encore leurs filles sur les bras.
Quelques jeunes femmes, anciennes ��l��ves du fameux couvent de l'avenue Kl��ber, et qui avaient conserv�� leurs entr��es dans la maison apr��s le sacrement,
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