Florence historique, monumentale, artistique | Page 2

Marcel Niké
Cortone ou de Volterra ne se reconna?t-elle pas dans les lourdes constructions florentines, et leur bossage m��me ne rappelle-t-il pas l'appareil ��trusque, attestant la perp��tuit�� d'une forte et puissante race sur le sol toscan?
La domination romaine amena une nouvelle colonisation de l'��trurie et couvrit le pays de villes importantes ��gales aux anciennes cit��s, d��j�� en pleine prosp��rit��.
Ce ne fut pourtant que lorsque Antoine et Octave fond��rent leurs colonies militaires en 50 avant J.-C. que l'une d'elles, s'��tant fix��e dans la partie du pays r��put��e la plus fertile, et ��merveill��e de la richesse de sa nouvelle patrie, appela la ville qu'elle batit Florentia, c'est-��-dire la ville des Fleurs.
Jusque vers le IVe si��cle il n'est gu��re fait mention de la colonie que l'on retrouve �� cette ��poque jouissant de franchises et de droits ��tendus, en lutte ouverte contre le christianisme, auquel il faudra plus d'un demi-si��cle pour devenir la religion d��finitive du pays.
Ainsi, d��s lors, la destin��e semble avoir vou�� Florence �� une suite perp��tuelle d'agitations et d'inqui��tudes et son histoire tout enti��re, telle qu'�� sa premi��re page, n'offrira qu'une longue succession de luttes et de combats.
Envahie au Ve si��cle par Radagaise, assi��g��e par Alaric, prise et reprise par Totila et Nars��s, il n'en reste plus pierre sur pierre. Relev��e de ses ruines par Charlemagne et constitu��e fief de margraves, elle jouit pendant un si��cle et demi d'une tranquillit�� et d'une paix heureuses; mais �� ce calme devait succ��der la temp��te sous des tyrans cupides et violents. Ce fut alors que toutes les esp��rances se tourn��rent vers le nord, et que l'Empire fut appel�� pour la premi��re fois �� secourir l'Italie (962). Avec Othon le Grand, les Allemands s'install��rent sans scrupule, comme en pays conquis, chez ceux qui les avaient appel��s, et bient?t les ��v��ques et m��me le Pape ne furent plus que les premiers fonctionnaires de l'Empire.
Pourtant la Toscane, au IXe si��cle, retrouva sous de nouveaux margraves une vie propre; elle ��tendit alors sa domination autour d'elle, �� telle enseigne que le Pape arriva �� la consid��rer comme un rempart contre les ambitions d��mesur��es de l'Empire, tandis que l'Empereur y voyait un avant-poste. Le pays n'avait qu'�� gagner �� ce jeu de bascule, o�� chacun lui faisait des avances et lui accordait de v��ritables avantages pour tacher de le gagner sa cause. Malheureusement pour lui, en 1069, la comtesse Mathilde prenait les r��nes du gouvernement et le pape Alexandre II obtenait d'elle l'acte fameux appel�� la Renonciation de la comtesse Mathilde, par lequel elle se d��clarait simple d��positaire de sa puissance et r��solue �� n'en user que pour le bien de l'��glise; c'��tait la guerre entre la Papaut�� et l'Empire, c'��tait le brandon des luttes terribles qui allaient ensanglanter la Toscane pendant tant d'ann��es, car ce que Mathilde donnait �� l'��glise, les lois de l'Empire ne lui permettaient pas d'en disposer.
Aussi Henri IV, malgr�� Canossa, envahit-il aussi la Toscane. Sienne, Pise, Lucques, se d��cid��rent en sa faveur; Arezzo et Pistoie se donn��rent �� lui et leurs ��v��ques, bien qu'excommuni��s, continu��rent �� officier (1081). En r��compense de leur fid��lit�� Henri IV octroya aux villes d'amples franchises et confirma la fondation des libert��s urbaines, tandis que Florence supportait le poids de son attachement au Pape et �� la comtesse Mathilde et qu'assi��g��e, elle ne devait son salut qu'au d��part pr��cipit�� de l'Empereur pour l'Allemagne. Les quatre ann��es qu'il y resta permirent �� Mathilde de jeter les bases d'un gouvernement et d'embellir la ville en y ��difiant de nombreux monuments, Florence entreprenait alors de petites guerres contre ses voisins et concluait avec eux des alliances o�� per?ait pour la premi��re fois son esprit actif et pratique.
La mort de Mathilde ouvrit sa difficile succession et ses biens furent disput��s aprement par Henri V, le successeur d'Henri IV, et par le pape Pascal II, appuy��s, l'un sur les droits du fief, l'autre sur ceux de la donation. Comme tous les deux sollicitaient ��galement l'appui des villes, ils durent, dans le but de se les acqu��rir, accorder privil��ges sur privil��ges, cr��ant ainsi leur ind��pendance, car elles n'avaient garde de se donner et demeuraient platoniquement pour l'Empereur ou pour le Pape.
Apr��s, des rivalit��s et des luttes sanglantes entre Sienne, Pise et Florence, l'av��nement de Fr��d��ric Barberousse, en 1154, vint rallier tous les int��r��ts devant le danger commun de l'invasion par l'Empereur d'un pays qu'il consid��rait comme tra?tre et rebelle. Aussi, �� sa mort, les cit��s s'engag��rent-elles �� ne plus accepter d'autre souverainet�� que celle du Pape.
D��s cette ��poque, la petite ville des ?Mark-grafs? et de la comtesse Mathilde ��tait devenue un ��tat puissant avec une organisation int��rieure d��j�� compliqu��e.
Les corps des m��tiers constituaient de puissantes corporations divis��es elles-m��mes en m��tiers nobles et en m��tiers vils. Les premiers, seuls, au nombre de sept, comptaient pour l'administration ou le gouvernement de la cit��.
D'abord venait l'ancienne et puissante corporation des marchands
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