Alcools

Guillaume Apollinaire
The Project Gutenberg EBook of Alcools, by Guillaume Apollinaire
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Title: Alcools
Author: Guillaume Apollinaire
Release Date: March 25, 2005 [EBook #15462]
Language: French
Character set encoding: ISO-8859-1
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Guillaume Apollinaire
ALCOOLS
(1898 - 1912)
Table des matières
Zone
Le pont Mirabeau
La Chanson du Mal-Aimé
Aubade chantée à Laetare l'an
passé
Beaucoup de ces dieux...
Réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de
Constantinople Voie lactée {1}
Les sept épées
Voie lactée {2}
Les colchiques

Palais
Chantre
Crépuscule
Annie
La maison des morts
Clotilde
Cortège

Marizibill
Le voyageur
Marie
La blanche neige
Poème lu au mariage d'André
Salmon
L'Adieu
Salomé
La porte
Merlin et la vieille femme
Saltimbanques

Le larron
Le vent nocturne
Lul de Faltenin
La tzigane
L'ermite
Automne

L'Émigrant de Landor Road
Rosemonde
Le brasier
Je flambe dans le brasier

Descendant des hauteurs
Rhenanes
Nuit rhénane
Mai
La synagogue
Les cloches

La Loreley
Schinderhannes
Rhénane d'automne
Les sapins

Les femmes
Signe

Un soir
La dame
Les fiançailles
Mes amis m'ont enfin avoué leur mépris
Je n'ai
plus même pitié de moi
J'ai eu le courage de regarder en arrière
Pardonnez-moi mon
ignorance
J'observe le repos du dimanche
A la fin les mensonges ne me font plus peur

Au tournant d'une rue je vis des matelots
Templiers flamboyants je brûle parmi vous

Clair de lune
1909
A la Santé
Automne malade
Hôtels
Cors de chasse

Vendémiaire

ZONE
À la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute
neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est
vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une
église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui
chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux Il y a les
livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières Portraits des grands hommes et
mille titres divers
J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était
le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes Du lundi matin
au samedi soir quatre fois par jour y passent Le matin par trois fois la sirène y gémit

Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles

Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue
industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes
Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
Ta mère ne t'habille que de bleu et
de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous
n'aimez rien tant que les pompes de l'Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu
vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège

Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante
gloire du Christ
C'est le beau lys que tous nous cultivons
C'est la torche aux cheveux
roux que n'éteint pas le vent
C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C'est
l'arbre toujours touffu de toutes les prières
C'est la double potence de l'honneur et de
l'éternité
C'est l'étoile à six branches
C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le
dimanche
C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde
pour la hauteur
Pupille Christ de l'oeil

Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau
ce siècle comme Jésus monte dans l'air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour
le regarder Ils disent qu'il imite Simon Mage en Judée
Ils crient s'il sait voler qu'on
l'appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Enoch Elie
Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s'écartent parfois pour

laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent
éternellement élevant l'hostie
L'avion se pose enfin sans refermer les ailes
Le ciel
s'emplit alors de millions d'hirondelles
À tire-d'aile viennent les corbeaux les faucons
les hiboux
D'Afrique arrivent les ibis les flamants les marabouts
L'oiseau Roc célébré
par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première
tête L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri
Et d'Amérique vient le petit
colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n'ont qu'une seule aile et
qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu'escortent
l'oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre
Un
instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits

Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigle phénix et pihis de la Chine

Fraternisent
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